La recherche en endocrinologie a été un des points forts de
la biologie française au cours des dernières décennies. Elle joue un rôle majeur
sur le plan fondamental où, en dehors de son intérêt propre, elle sert de modèle
à la compréhension des mécanismes généraux de signalisation. En outre, elle
débouche sur certains des problèmes les plus préoccupants de santé publique,
donnant lieu à de très importantes approches pharmacologiques et thérapeutiques.
L’objet de ce présent rapport est d’évoquer les plus importants de ces
problèmes, situés à l’interface des sciences médicales et des sciences de la
société. Du point de vue strictement médical, quatre questions se posent avec
une acuité croissante : les relations entre hormones et cancers, le traitement
substitutif de la ménopause, la contraception hormonale au long terme et
l’influence de certaines hormones sur le développement de l’obésité et du
diabète de type 2. Un autre sujet important concerne le vieillissement, conçu
comme un ensemble complexe de facteurs biologiques, cognitifs, sociaux et
finalement sociétaux. Un aspect, plus technique mais également de grande
importance, concerne les perturbateurs hormonaux, des produits chimiques qui
peuvent modifier de façon indésirable la production de certaines hormones. Un
dernier aspect concerne l’utilisation des hormones hors de la médecine,
notamment chez les animaux comestibles.
L’ambition de ce rapport est de donner l’arrière-plan scientifique permettant de
comprendre les mécanismes biologiques impliqués dans ce groupe de problèmes
majeurs de santé publique. Les voies de recherches actuelles sont résumées, les
voies futures sont indiquées et des recommandations sont présentées. Les
principaux partenaires institutionnels intervenant dans chaque cas sont cités.
Lorsqu’elles existent, les controverses scientifiques et quelquefois
politico-médiatiques sont explicitées.