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Foie et toxiques : Aspect cliniques
E. Dupuis
Service d'Hépatologie du Professeur JP. Vinel -
Hôpital Purpan Toulouse
Quelques définitions
nécessaires en premier lieu, pour bien se comprendre
entre différentes spécialités.
1 - Hépatite cytolytique, si le
rapport TGP/ PA ou ALAT /PA est supérieur à 5.
2 - Hépatite cholestatique, si
le rapport TGP /PA ou ALAT/PA est inférieur ou égale
à 2.
3 - Hépatite mixte, si le
rapport est compris entre 2 et 5.
4 - On parle d'hépatite aigue,
si les anomalies des tests hépatiques ont duré moins
de trois mois.
5 - L'insuffisance hépatique aigue se caractérise
par l'apparition chez un sujet au foie
antérieurement sain d'une encéphalopathie associés à
des signes témoignant de la nécrose hépatocytaire :
ictère, troubles de la coagulation, des anomalies
cardiovasculaires et ventilatoires.
6 - La notion d'insuffisance hépatique fulminante
a été introduite pour la première fois en 1970 par
Trey et Davidson, pour désigner une maladie
hépatique aigue compliquée d'une encéphalopathie
hépatique survenant dans les 8 semaines, qui ont
suivi l'apparition des premiers symptômes.
Il s'agit d'une
terminologie, adapté à la durée de vie de
l'halothane, qui est peu reproductible en pratique
clinique.
7 - Bernuau propose une
autre nomenclature en 1986, qui prend en compte la
gravité de l'insuffisance hépatique (IH),
de l'existence d'une encéphalopathie hépatique (EH),
quelque soit son stade et de l'intervalle de temps (IdT)
entre l'apparition de l'encéphalopathie et l'ictère.
| |
Facteur V |
EH |
IdT |
|
IH modérée |
50 à 75 % |
Absente |
|
|
IH sévère |
< 50 % |
Absente |
|
|
IH fulminante |
< 50 % |
Présente |
< 2 semaines |
|
IH subfulminante |
< 50 % |
Présente |
< 2 semaines et 3 mois |
8 - En 1993, une autre
nomenclature par le Professeur O' Grady a été
proposé distinguant les IH aigue en trois stades
selon l'intervalle de temps entre l'apparition de
l'ictère et l'apparition de l'EH :
- IH hyperaigue ou fuminante, pour un in
intervalle < 7 jours.
- IH aigue, pour un in intervalle compris
entre 8 et 28 jours.
- IH sub aigue, pour un in intervalle compris
entre 5 et 12 semaines.
9 - Classification clinique de l'encéphalopathie
hépatique :
Stade II : idem et flapping tremor ou astérixis.
Stade III : confusion ou désorientation temporo
spatiale
Stade IV : coma
Glasgow < 3 ou 4 : possible.
L'évaluation de l'encéphalopathie hépatique peut
être rendue difficile en cas d'intoxication
polymédicamenteuse, comprenant notamment des
benzodiazépines.
Celles-ci peuvent être antagonisées par l'anexate.
Le Number Connection Test (NCT) nous aide à
appréhender l'encéphalopathie infraclinique.
Il 's'agit d'une mesure objective du degré de
vigilance.
10 - Critères de Beaujon ou Clichy de
transplantation hépatique :
- EH de grade III-IV
associée à un Facteur V :
- < 20 %, si âge strictement inférieur 30
ans.
- < 30 %, si âge supérieur ou égal à 30
ans.
11 - Critères du King's College Hospital liée au
paracétamol :
- EH de grade III-IV.
- Créatinine supérieur à 300 micromol/l.
- INR supérieur à 7.7 mmol/l
OU
PH artériel < 7.3 ou lactates supérieur à 3
mmo/l, après expansion.
12 - Critères du King's College Hospital
NON liée au paracétamol :
INR supérieur à 7.7
OU
Au moins trois critères suivants :
- Age < 10 ans ou
supérieur à 40 ans.
- Etiologie virale non
A, non B, médicamenteuse, Wilson.
- Formes aigues ou
subaiguës (ictère supérieur à 7 jours avant
l'EH).
- INR supérieur 3.85.
- Bilirubine supérieur
17 mgr/dl.
13 - Causes curables
d'hépatite aigue :
- Paracétamol : NAC.
- Herpés simplex virus :
Zovirax.
- Budd Chiarri : TIPS.
- Hépatite autoimmune :
Corticoides.
- Wilson : D
peniccillamine.
- HELLP Syndrome et
stéatose aigue gravidique : accouchement.
- Hépatite aigue B :
analogues.
14 - Physiopathologie de la
toxicologie du paracétamol :
Le paracétamol représente 50
% des hépatites fulminante en France, ingérées à
dose suprathérapeutiques (dépassant les 200
mg/kg/j).
L'insuffisance hépatique apparaît 48 à 72 heures
après l'ingestion du médicament.
La toxicité médicamenteuse par le paracétamol
est directe, dose dépendante et secondaire à la
formation de métabolite réactif et toxique.
Le paracétamol est principalement métabolisé par au
niveau hépatique par glucurono et sulfo-conjugaison
en métabolite, non toxique (80% des métabolites).
Une faible fraction, représentant moins de 5 % du
métabolisme total l'est par le cytochrome p 450 et
entraîne la formation d'un métabolite actif :
la N Acetyl p-Benzoquinoneimine (NAPBQI).
A noter, que le principal cytochrome est inductible
par la consommation chronique d'alcool.
Dans les conditions normales, cette fraction
(NAPBQI) est détoxifiée par conjugaison à l'aide du
glutathion intacellulaire.
Si la quantité de NAPBQI dépasse les capacités de
détoxicification du glutathion, on assiste à une
accumulation de N Acetyl benzoquinoneimine, qui est
la cause de la nécrose hépatocytaire.
Le paracétamol peut se
révéler être toxique pour des doses thérapeutiques,
lorsqu'elles sont associée à l'éthylisme chronique,
la dénutrition, le jeûne, à la coprescription
d'inducteur enzymatique.
L'évolution de la cytolyse
est MONOPHASIQUE.
15 - Hépatite à l'acide
valproique
Deux FORMES d'hépatotoxicité
:
- Augmentation des
transaminases asymptomatique, fréquente (40 %),
réversible, dose dépendant.
- Stéatose
microvésiculaire.
. Principalement
chez les enfants.
. Non dose toxique.
. Mortalité élevée : 2%. (I. hépatique,
profonde hypoglycémie)
Facteurs favorisants :
- Maladies métaboliques
sous jacentes
( hépatotoxicité lié à une dysfonction
mitochondrial)
- Polythérapie (
phénytoïne, phénobarbital)
16 - Hépatite
Phalloïdienne :
. Toujours y penser.
. Notion de saison, mais attention aux
champignons surgelés.
. Description des champignons.
. Syndrome cholériforme avec diarrhée et
vomissements dans les 48 Premières heures.
. Traitement symptomatique avec rééquilibration
hydroélectrolytique.
. Traitement spécifique :
Pénicilline G : 40 millions d'unités NON
VALIDE
Vitamine C : 3 gr/j
Légalon
Etude rétrospective, 25
patients.
L'évolution BIPHASIQUE
des Transaminases est un facteur de mauvais
pronostic
(Foie de choc, puis atteinte directe du foie par
la toxine), ainsi que le sexe féminin.
Critères de transplantation de Beaujon non
adaptés : sélection trop tardive des patients
candidats à la greffe.
. Etude allemande
rétrospective, multicentrique de 1967 à 2002.
265 Patients, dont 202 suivis à l'hôpital de
Munich.
Les deux critères
combinés : TP < 25 % et créatinine au troisième
jour >107 micromol/l
Permettent une spécificité de 98 % et une
sensibilité de 100 %.
17 - MARS
" Dialyse
hépatique " à l'albumine.
Etude FULMAR , avec pour
promoteur le centre Paul Brousse de Villejuif.
Etude prospective, contrôlée, randomisée,
multicentrique, dont Purpan.
But : évaluer la survie des
patients à 6 mois avec ou sans transplantation
hépatique.
Patient et méthode : hépatite
aigue fulminante ou subfulminante avec critères de
transplantation hépatique de Clichy ou anglais.
2 bras :
- transplantation
hépatique, dit conventionnel
- MARS + ou - transplantation en attente du
greffon.
Cause principale d'HF :
paracétamol = 38 %. 102 patients.
Les résultats seront développés
ultérieurement par le Professeur Samuel. |