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Actualités dans l'hépatotoxicité des
médicaments
Christophe Bureau
Service d'Hépato-Gastro-Entérologie. Fédération
Digestive Purpan CHU Toulouse
bureau.c@chu-toulouse.fr
La toxicité des médicaments
constitue un problème de santé majeur. La contribution
hépatique, sans être la plus fréquente, est importante à
prendre en considération par sa gravité. En effet, les
atteintes hépatiques représentent la première cause de
mortalité liée à la prise de médicaments et la
principale cause de retrait de ceux-ci du marché
pharmaceutique. Le paysage de l'hépatotoxicité
médicamenteuse est en perpétuelle évolution. Malgré une
littérature abondante dans ce domaine, les données
épidémiologiques sont finalement limitées et basées
essentiellement sur des analyses rétrospectives faites à
partir des notifications spontanées. Récemment, deux
études prospectives viennent d'apporter des informations
plus précises sur l'épidémiologie de la toxicité
hépatique médicamenteuse. La première étude prospective
a été centrée sur les causes d'insuffisance
hépatocellulaire aiguë à partir de 17 centres de soins
intensifs aux Etats-Unis, regroupant 308 malades sur une
période de 41 mois. Cette étude montre que la première
cause est l'intoxication massive au paracétamol (39 %
des cas, 41 % des cas en 2007 pour 1600 insuffisances
hépatiques aiguës). Les causes médicamenteuses
idiosyncrasiques représentent 13 % des cas (hépatites
virales A et B combinées = 12 %). Une seconde étude,
réalisée en France dans la Nièvre sur la période
1997-2000 et concernant un bassin de population de
81 000 personnes, a permis d'évaluer l'incidence de l'hépatotoxicité
à près de 14 /100 000. Cette étude montre aussi que la
prévalence des accidents hépatiques médicamenteux dans
la population française pourrait être 16 fois plus
élevée que celle évaluée d'après les notifications
spontanées aux centres de Pharmacovigilance.
Le
tableau 1 montre la classification des
différents types de DILI (drug induced liver injury) et
les médicaments les plus souvent impliqués dans ces
atteintes hépatiques. Les médicaments les plus
fréquemment impliqués dans les atteintes hépatiques
aiguës dans les séries les plus récentes sont présentés
dans le
tableau 2.
Nous avons choisi dans ce
chapitre quelques actualités et classes
médicamenteuses : psychotropes, antirétroviraux, 2
antibiotiques, thiazolidinediones, hypolipémiants, des
médicaments utilisés dans les maladies inflammatoires de
l'intestin et quelques plantes.
1 Psychotropes
Buprénorphine :
De rares cas d'hépatite aigues
résolutives ont été décrits quand ce médicament est
utilisé par voie orale à dose substitutive.
Des hépatites aigues
cytolytiques avec un risque d'insuffisance rénale aigue
sont rapportées quand son usage est détournée par voie
veineuse : la toxicité serait mitochondriale.
Cannabis :
La consommation quotidienne de
résines de cannabis est un facteur aggravant de la
vitesse de progression de la fibrose chez les patients
atteints d'une hépatite chronique virale C.
Anti-dépresseurs :
Une enquête de pharmacovigilance
réalisée à Montpellier en 2004 a relevé 158 cas qui
impliquaient : paroxétine dans 63 cas, fluoxétine : 45
cas, citalopram : 30 cas, sertraline : 18 cas,
fluvoxamine : 2 cas. La nefazodone a étéretirée du
marché pour le risque d'insuffisance hépatique aiguë.
- Inhibiteurs de la recapture de
la sérotonine donnent des hépatites aiguës surtout
cytolytiques avec des formes sévères dans près d'un cas
sur 2 et plusieurs cas mortels. Le mécanisme est mal
connu.
- Inhibiteurs de la monoamine
oxydase : Iproniazide : hépatites aigues surtout de type
cytolytique avec des cas d'hépatites graves/fulminantes.
Présence d'anticorps anti-mitochondrie de type 6
Spécifiques = véritable sérodiagnostic
-
Imipraminiques (anti-dépresseurs tricycliques) :
Clomopramine, imipramine, desipramine : hépatites aigues
de tout type, rares hépatites graves/fulminantes.
Amineptine, tianeptine : hépatites cholestatique/mixtes,
rares cas de cholangite (prolongée très rare, mécanisme
type allergique (métabolites réactifs)
Phénothiazines (anti-psychotique structure
tricyclique) :
Chlopromazine, cyamemazine :
hépatites aigues surtout
cholestatiques pseudoangiocholitiques avec des cas de
cholangites aigues ou chroniques. Mécanisme type
allergique (métabolites réactifs)
2 Antirétroviraux (ARV)
Depuis leur introduction en
1996, l'utilisation des ARV a transformé le pronostic
des patients infectés par le VIH. L'augmentation des
transaminases est une des premières causes d'effets
secondaires au cours du traitement par les ARV. Ainsi
près de 10 % des patients ont une augmentation des
transaminases à l'introduction du traitement et près de
30 % ont une élévation modérée des transaminases sous
traitement par ARV au long cours. Plusieurs mécanismes
physiopathogéniques peuvent rendre compte de la toxicité
hépatique.
Une restauration immune :
elle concerne principalement les patients coinfectés par
le VHB ou le VHC. La biopsie hépatique montre des signes
d'activité, liées à l'infection par le virus B ou C.
Une toxicité
mitochondriale : les inhibiteurs nucléos(t)idiques
de la transcriptase inverse principalement AZT
zidovudine, ddI didanosine et d4T stavudine entrainent
une déplétion de l'ADN mitochondrial qui conduit à une
baisse de la production d'ATP et des perturbations de la
?oxydation des acides gras. Ils peuvent induire une
stéatose hépatique voire une stéatohépatite et une
acidose lactique.
Une réaction
immunoallergique : des cas d'hépatite aigue sévère
ont été rapportés avec des inhibiteurs non
nucléosidiques de la transcriptase inverse
principalement la névirapine. Le recul n'est pas
suffisant pour les deux derniers développés : TMC 125
(étravirine) et TMC278 (rilpivirine). Ces inhibiteurs
non nucléosidiques de la transcriptase inverse sont
métabolisés dans le foie par le CYP3A4. Dans cette
classe la névirapine est un inducteur des antiprotéases
des contraceptifs oraux et de la rifampicine. La
survenue d'une rash et d'une hypersensibilité quelques
semaines après l'introduction de névirapine était
observée chez près de 2 % des patients.
Une toxicité directe dose
dépendante : elle concerne les inhibiteurs de
protéase (IP) et l'éfavirenz. Neuf IP sont actuellement
disponibles dont un (ritonavir) est utilisé pour ses
propriétés inhibitrices du CYP3A4. Les autres IP,
inhibiteurs du CYP3A4, peuvent augmenter les taux
plasmatiques des médicaments associés et entraîner une
toxicité. Enfin certains IP (indinavir, atazanavir)
inhibent la glycuroconjugaison de la bilirubine. Pour
exemple, jusqu'à 50 % des patients traités par
atazanavir avaient une augmentation de la bilirubine >
2,5 N au cours des essais cliniques. La toxicité de
l'efavirenz (inhibiteur non nucléosidique) se rapproche
de celle des IP (dose dépendante et prévisible).
Le développement du premier des
antagonistes du CCR5 a été arrêté en raison de sa
toxicité hépatique (aplanir). Deux autres antagonistes
sont en cours de développement. Leur métabolisme
implique le CYP3A4. De développement plus récent, les
inhibiteurs de fusion (T20 fuzeon) et les
anti-intégrases (raltegravir, isentress) ont peu de cas
décrits. Le métabolisme du raltegravir implique une
glycuroconjugaison.
3 Antibiotiques
La prise d'antibiotiques est la
cause d'hépatite médicamenteuse non fulminante la plus
fréquente. Les cas les plus souvent rapportés sont liés
à : l'amoxicilline/acide clavulamique, minocycline,
nitrofuratoine, trimetoprine-sulfaméthoxazole,
trovofloxacine.
L'amoxicilline/acide
clavulamique (Augmentin®) :
Le taux est de 1 à 10 / 100 000
personnes exposées. La forme typique est la survenue
d'une hépatite cholestatique quelques semaines après
l'arrêt du médicament (de 1 à 8 semaines). Des cas de
cholestase prolongée avec ductopénie sont rapportés.
Dans une série récente le risque de survenue d'une forme
sévère était proche de 3 % en cas de forme
symptomatique.
Telithromycine
(Ketek®) :
C'est un dérivé semi-synthétique
des macrolides de la classe des ketolides. Le taux
d'augmentation des TA > 3N est proche de 3 %. Des cas
d'hépatites aiguës sévères sont déjà décrits avec des
décès.
4 Thiazolidinediones
Ce sont des médicaments qui
permettent d'augmenter la sensibilité à l'insuline par
l'activation de l'isoforme?? de PPAR. La première
molécule de cette classe, la troglitazone, a été retirée
du marché américain en 2000 après la description de 94
cas d'hépatite aiguë sévère. Les molécules de 2eme
génération (rosiglitazone et pioglitazone) semblent
moins héptotoxiques avec des taux d'augmentation des
transaminases comparables à ceux observés dans le groupe
placebo. Néanmoins, des cas d'hépatites aiguës graves et
fulminantes sont déjà décrits pour les 2, si bien que la
surveillance des transaminases est recommandée chez les
ces patients et l'arrêt du médicament si la TA
deviennent > 3N. L'intérêt de ces molécules dans le
traitement de la stéatohépatite non alcoolique n'est pas
démontré.
5 Hypolipémiants
Fibrates :
Ils constituent la famille la
plus souvent mise en cause. L'augmentation modérée des
transaminases est fréquente. L'hépatite symptomatique
généralement cytolytique ou mixte, survient
principalement avec le fénofibrate et le clofibrate. Le
nombre d'atteintes hépatiques cliniques rapportées est
finalement faible par rapport aux millions de
prescriptions même s'il y a indéniablement une
sous-estimation. On peut donc considérer que la toxicité
hépatique clinique des fibrates est très faible et très
probablement inférieure à 1 pour 10 000. Le médicament
le plus souvent en cause avec plus de 20 cas répertoriés
est le fénofibrate. Ce plus grand nombre ne reflète pas
forcément un plus grand risque de toxicité mais
peut-être une plus grande prescription. Pour d'autres
médicaments comme le clofibrate, le bézafibrate, le
gemfibrozil, le ciprofibrate et le béclofibrate, seuls
quelques cas ont été publiés. Le mécanisme
d'hépatotoxicité des fibrates n'est pas bien connu. Il
n'y a pas de signe en faveur d'une toxicité directe
étant donné l'absence de relation avec la dose
administrée. Un travail récent suggère que
l'hépatotoxicité du clofibrate pourrait mettre en jeu
une atteinte mitochondriale via un stress oxydatif.
D'autres éléments sont plutôt en faveur d'une réaction
allergique : la rareté de l'évènement, l'existence de
signes d'hypersensibilité dans certains cas, en
particulier la présence d'anticorps anti-noyaux à titre
élevé. Ainsi, certaines atteintes simulent une hépatite
auto-immune.
Statines :
Atorvastatine, lovastatine et
simvastatine sont métabolisés par le CYP3A (seulement
une partie pour la pravastatine). Leur administration
s'accompagne très fréquemment d'une augmentation modérée
des transaminases au cours des trois premiers mois de
traitement. L'augmentation entre 2N - 3N est observée
dans 1 à 3 % des cas pour la plupart des médicaments de
cette classe en particulier la pravastatine, la
fluvastatine, la lovastatine et la simvastatine alors
qu'elle est environ de 0,7 % pour l'atorvastatine. Très
souvent, cette élévation de transaminases régresse alors
même que l'administration du médicament est poursuivie.
À l'inverse, la survenue de cas d'atteintes hépatiques
symptomatiques est rare. Une meta-analyse qui a inclus
49275 patients n'a pu mettre en évidence un sur-risque
de l'utilisation des satines par rapport au placebo :
respectivement 1,1 % contre 1 % d'augmentation des TA >
3N. Les données de 9185 patients inclus dans le projet
pravastatine ont été analysées et l'incidence de
l'augmentation des transaminases > 3N était de à 0,3 %
dans le groupe statine contre 0,2 % dans le groupe
placebo. Néanmoins, pour certains auteurs,
l'hépatotoxicité clinique de cette famille
médicamenteuse existe, documentée par plusieurs
observations rapportées dans la littérature, et quelques
cas avec récidive lors d'une ré-administration. La
fréquence d'accidents hépatiques cliniques sérieux est
estimée à 0,2 pour 100 000 personnes ce qui est
nettement moins élevé que pour d'autres classes
médicamenteuses, en particulier les anti-inflammatoires
non stéroïdiens. Seulement 3 cas sur 51 741
transplantations pour hépatite fulminante seraient
secondaires à la prise de statine. Le mécanisme de
toxicité des statines n'est pas clairement défini. Sur
le plan clinique, les cas d'atteinte hépatique n'ont pas
de caractère spécifique et surviennent à dose
thérapeutique. Ils sont considérés dans la plupart des
cas comme des phénomènes d'idiosyncrasie avec une
susceptibilité individuelle du patient peut-être
génétiquement déterminée. Il a été récemment proposé que
la toxicité des statines pourrait être liée à une
inhibition de la synthèse du mévalonate conduisant à des
altérations de l'homéostasie cellulaire.
L'existence d'une élévation modérée des transaminases
avant traitement, liée à une stéatohépatite, ne
constitue pas une contre-indication de l'utilisation des
fibrates ou des statines. Les autres hypolipémiants
actuellement utilisés ne sont pas particulièrement
hépatotoxiques (quelques cas rapportés avec
l'ézétimibe).
6 Hepatotoxicité des
traitements des maladies inflammatoires chroniques de
l'intestin
Thiopurines :
L'utilisation des thiopurines
est associée à un risque de toxicité hépatique. Une
augmentation asymptomatique des transaminases est
l'événement le plus fréquent.
Azathioprine : des cas d'hépatite
cholestatique et cytolytiques avec ou sans réaction
d'hypersensibilité et des atteintes vasculaires :
dilatation sinusoidale, péliose, maladie veino-occlusive
et hyperplasie nodulaire régénérative.
6-Mercatopurine : atteintes cholestatiques ou mixtes
fréquentes à forte dose
6-thiogunanine : atteinte hépatitique exceptionnelle
mais lésions vasculaires hépatiques plus fréquentes.
Le mécanisme d'hépatotoxicité
des thiopurines est mal connu. L'azathioprine pourrait
diminuer le taux de glutathion dans les cellules
endothéliales. Des manifestations d'hypersensibilité en
cas de lésions vasculaires plaident pour un mécanisme
immunoallergique. Les atteintes hépatitiques semblent
liées à une concentration plus élevée du métabolite et
de la thiopurine méthyltransférase.
Méthotrexate :
Les atteintes hépatiques sont
parfois aiguës mais le plus souvent chronique. Les
atteintes hépatiques aigues ont été observées en cas
d'utilisation à forte dose. Néanmoins, la toxicité du
MTX a été probablement surestimée en raison de nombreux
facteurs confondants (consommation excessive d'alcool,
syndrome métabolique). Le mécanisme de la toxicité du
MTX est mal connu. Les cellules hépatiques étoilées
pourraient jouer un rôle et il existe probablement des
facteurs génétiques.
Anti-TNF :
On observe une augmentation des
transaminases dans près de 40 % des patients traités au
long cours pour une maladie de Crohn ou une polyarthrite
rhumatoïde. L'atteinte hépatique est rarement
symptomatique. Cependant depuis 2003, la FDA a
enregistré 134 cas de déclaration spontanée
d'insuffisance hépatique aiguë au cours d'un traitement
par anti-TNF. Certains de ces cas présentaient les
caractéristiques d'une poussée auto-immune. Deux
observations ont suggéré qu'il n'y avait pas de toxicité
croisée entre les anti-TNF (infliximab et etarnacept)
arguant pour un mécanisme de toxicité différent. Un cas
récent a décrit une hépatite granulomatoses associée à
l'etarnacept.
Dérives de l'acide
aminosalicylique :
Mesalazine et olsalazine : les
atteintes hépatiques sont rares : cytolytiques,
cholestatiques ou mixtes avec un caractère
immunoallergique.
Sulfasalazine : utilisée dans en
cas de polyarthrite rhumatoïde associée. Atteintes
hépatiques cytolytiques, cholestatiques, mixtes ou
granulomateuses. De rares cas d'hépatites fulminantes
ont été décrits. On observe parfois des manifestations
d'hypersensibilité.
Inhibiteurs de
calcineurine :
cyclosporine : atteinte
cholestatique le plus souvent modérée dose dépendante.
La cyclosporine entraîne une diminution de la sécrétion
biliaire probablement par inhibition du transport
biliaire.
Enfin tous les
immunosuppresseurs peuvent réactiver une infection
virale.
7 Plantes
JIN BU HUAN (Lycopodiale
serratule) :
Utilisée depuis plus de 1000 ans
en Chine et 25 ans aux USA comme sédatif.
Hépatite aiguë cytolytique,
hépatite chronique, cirrhose.
Mécanisme: surdosage dans
l'agent actif : la tétrahydronaphtalène qui a des
analogies structurales avec les alcaloïdes de la
pyrrolizine.
Kava-Kava (Piper
methysticum) :
Plante cérémoniale des îles du
pacifique utilisée en Europe comme relaxant /
anxiolytique.
> 70 cas d'hépatite recensés et
> 15 cas hépatite fulminante (>11
décès/transplantation).
Délai 15 Jours à 1 an - rôle
déficit en CYP 2D6 ?
Camellia sinensis (Thé vert) :
Utilisée très largement depuis plus de 4000 ans :
« effet amaigrissant », et sur l'asthénie.
Extrait hydro-alcoolique
(Exolyse®) : 13 cas d'hépatite recensés, 10 cas hépatite
mixte, 1 cas hépatite fulminante. Retrait du marché
Avril 2003. Première cause d'hépatotoxicité liée aux
plantes en Espagne.
Autres exemples décrits : Senné
(Cassia angustifolia ), Scutellaire (Scutelleria),
teucrium polium, Prostata (Serenoa), Cathis edulis,
Borache (Borago officinalis), Feuille de chaparral
(Larrea tridentata), Huile de margosa (Azadirachta
indica), « Internet ».
8 Hépatoxicité et hépatopathie chronique :
Le foie est le principal site de biotransformation et
de l'excrétion des médicaments. Pour cette raison, les
maladies hépatiques peuvent avoir des conséquences
importantes sur l'élimination des médicaments et leurs
effets thérapeutiques et toxicologiques. Pour des
médicaments à forte extraction hépatique, une faible
diminution de 10 % de l'extraction conduit à un
doublement de la concentration plasmatique. L'activité
des cytochromes P450 est nettement diminuée en cas de
cirrhose. L'hypoalbuminémie modifie fortement la
cinétique des médicaments avec une forte fixation
protéique. Les shunts portosystémiques entraînent une
augmentation de la concentration plasmatique des
médicaments.
En cas d'hépatopathie
chronique alcoolique, il existe probablement une
augmentation du risque d'hépatotoxicité au paracétamol,
aux antituberculeux et au MTX.
En cas de stéatohépatite non
alcoolique, il pourrait exister une augmentation du
risque d'hépatotoxicité du MTX. En revanche, la toxicité
des statines n'est pas augmentée.
Dans les cholestases chroniques,
il existe un défaut d'excrétion biliaire et une
malabsorption des médicaments liposolubles. |