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Brûlures chimiques cutanées : mécanismes
et prise en charge -
Le point de vue de l'ophtalmologiste
J.L. Arné
Hôpital Purpan, 31059 TOULOUSE
Les brulures oculaires chimiques
représentent des urgences ophtalmologiques et le
pronostic dépend largement des mesures prises dans les
premiers moments.
De nouvelles possibilités de
thérapeutique, notamment chirurgicales se sont fait jour
ces dernières années.
Les brulures oculaires chimiques
sont les conséquences pour la plupart d'accidents du
travail, domestique ou de loisir, dans certains cas,
d'agression.
La gravité dépend de la nature
des agents chimiques en cause, de la concentration, de
la quantité et de la durée d'exposition et du pH.
Deux phases différentes doivent
être distinguées sur le plan physiopathologique :
- La phase initiale qui diffère suivant l'agent
responsable : les bases pénètrent très vite dans les
tissus alors que les acides pénètrent moins
rapidement et moins profondément,
- Un processus de réparation qui est toujours
identique, fait d'une phase de détersion et d'une
phase de cicatrisation.
Sur le plan clinique, on
distinguera plusieurs phases :
- La phase aigue lors de la première semaine ;
l'examen clinique aboutira à classer le degré de
l'atteinte cornéenne et de l'ischémie limbique,
permettant de fixer un pronostic,
- La phase précoce, étendue sur une à trois
semaines,
- La phase cicatricielle
Le traitement aura pour but :
- D'éliminer ou de diminuer l'agressivité et la
pénétration des substances,
- De contrôler la réaction inflammatoire et de
favoriser la cicatrisation.
Il débutera par un lavage puis
la mise en place d'un traitement destiné à contrôler la
réaction inflammatoire et à potentialiser la
cicatrisation.
Le traitement chirurgical
comprendra en phase précoce une détersion de
l'épithélium puis éventuellement une greffe de membrane
amniotique.
Le traitement des séquelles
sera adapté à l'état après cicatrisation :
transplantation des cellules limbiques, greffe cornéenne
lamellaire ou transfixiante. |